Fleur LOFERON HOPKINS

Fleur Hopkins-Loféron est une chercheuse indépendante, essayiste et critique culturelle spécialisée dans l’étude des cultures populaires, de la science-fiction, de l'horreur, du dark romance, ainsi que des histoires alternatives de la science, des pseudo-sciences et de l’occultisme entre le XIXe et le XXIe siècle. Docteure en histoire de l’art, elle adopte une approche interdisciplinaire et non linéaire, explorant des phénomènes souvent négligés par l’académie, tels que le merveilleux-scientifique (un mouvement proto-science-fiction français), les sous-genres horrifiques contemporains ou les icônes gothiques comme Mercredi Addams.

Son parcours académique est marqué par une thèse soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, consacrée à la culture visuelle du mouvement merveilleux-scientifique (1909–1930), qui lui a valu le Prix SHS PSL en 2020. Elle a poursuivi ses recherches en postdoctorat au CNRS (THALIM) sur le néo-fakirisme dans les spectacles de music-hall français des années 1920–1930, un sujet qu’elle a approfondi dans son ouvrage Les Nouveaux Fakirs. De l’Inde fantasmée au music-hall (PUF, 2024). Ses travaux, situés à la croisée de l’archéologie des médias, des études visuelles et des études sensorielles, lui ont valu une reconnaissance institutionnelle, notamment avec le Prix de l’Essai Ouest Hurlant et le Grand Prix Jules Verne en 2024 pour Voir l’invisible. Histoire visuelle du mouvement merveilleux-scientifique (1909–1930) (Champ Vallon, 2023).

En parallèle de sa carrière de chercheuse, Fleur Hopkins-Loféron est une autrice prolifique. Parmi ses publications marquantes figurent Mercredi Addams, icône gothique (Les Impressions Nouvelles, 2023), une analyse culturelle de la figure de Wednesday Addams, ainsi que deux ouvrages à paraître en 2026 : Dark Romance : Guide amoureux (Goater), qui explore les dynamiques du genre, et Génération Body Horror (ActuSF), coécrit avec Morgane Caussarieu, consacré aux mutations contemporaines de l’horreur corporelle. Ses écrits, souvent hybrides entre essai académique et critique grand public, s’adressent à un lectorat varié, des universitaires aux passionnés de pop culture.

Son expérience pédagogique est tout aussi riche. Elle enseigne dans des établissements prestigieux tels que l’ENSCI, la Sorbonne Université, Paris 8 et Paris 1, où elle a conçu des cours innovants sur des thèmes comme Imaginaires et design fictionL’archéologie des médias ou L’occultisme dans l’art (1880–2022). Son approche, centrée sur les histoires marginalisées et les artefacts culturels oubliés, vise à déconstruire les récits dominants de la science et de la technologie, tout en intégrant des méthodes issues des media studies et des cultural studies.

Au-delà de l’enseignement, elle joue un rôle actif dans la diffusion culturelle et institutionnelle. Elle collabore régulièrement avec des médias spécialisés, notamment La Septième ObsessionLes Cahiers de la BD et l’émission Mauvais Genres sur France Culture, où elle analyse la littérature horrifique. Elle intervient également comme conseillère scientifique pour des organismes tels que ARTE, la Cité des Sciences et l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), où elle a co-rédigé des rapports sur des enjeux comme l’intégrité scientifique ou le bien-être animal. En 2024, elle a pris la direction du Labo des Histoires à Paris, une association dédiée à l’éducation artistique et littéraire des jeunes, avant de devenir directrice des programmes au Plaza Centre Cinéma en 2026.

Son engagement se manifeste également à travers des expositions et conférences. Elle a notamment commissarié l’exposition « Le merveilleux-scientifique : Une science-fiction à la française » à la Bibliothèque nationale de France (BnF), mettant en lumière un pan méconnu de l’histoire culturelle française. Ses interventions publiques, qu’elles aient lieu dans des festivals, des musées ou des colloques internationaux, témoignent de sa volonté de démocratiser les savoirs et de réhabiliter des genres souvent déconsidérés, comme le dark romance, le New Adult ou les fictions horrifiques.

À travers ses multiples casquettes — chercheuse, autrice, enseignante, programmatrice et conseillère — Fleur Hopkins-Loféron incarne une démarche résolument transdisciplinaire, où se croisent rigueur académique et passion pour les imaginaires populaires. Son travail, à la fois érudit et accessible, contribue à élargir les frontières de la recherche culturelle, en intégrant des objets d’étude traditionnellement exclus des canons universitaires. Que ce soit par ses livres, ses cours ou ses collaborations institutionnelles, elle défend une vision inclusive et subversive de la culture, où science, fiction et contre-histoires dialoguent pour éclairer les enjeux contemporains.

Elle intervient à l'ENSCI dans le MS Création et technologie contemporaine où elle propose le cours Imaginaires techniques et sciences