OPEN DESIGN

un espace de mise à disposition des outils, articles et méthodes des professionnels et enseignants

C'est nouveau, et cela vient des réflexions du Think Tank des designers

Ils aimeraient partager des points de vue, des outils, des ouvrages dont ils sont auteurs et désirent donner accès à tout ou partie de leur travail pour diffusion et utilisation)

C'est donc un espace de consultation, de contribution.

Les bonnes pratiques : les ressources présentées peuvent être utilisées par le public, que nous remercions de citer ses sources.

Bonne exploration!

 

Vous avez dit design?

qu'est-ce que le design?

 

Nous reprenons ici le travail excellent de l'Alliance Française des Designers

Texte intégral et tableaux:
http://www.alliance-francaise-des-designers.org/definition-du-design.html

 

 

La particularité du design est qu'il n’existe pas de définition unique et définitive, puisqu'il se réinvente à chaque époque, en suivant les évolutions, les cultures et les apports des designers du monde entier.

 

La définition de l’AFD


Le design est un processus intellectuel créatif, pluridisciplinaire et humaniste, dont le but est de traiter et d’apporter des solutions aux problématiques de tous les jours, petites et grandes, liées aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Potentiellement présent partout, en adéquation avec les modes de vie, les valeurs et les besoins des êtres humains, utilisateurs ou publics, le design contribue à la création d’espaces, à la communication de messages visuels et sonores, d’interfaces, à la production de produits et de services, afin de leur donner un sens, une émotion et une identité, d’en améliorer l’accessibilité ou l’expérience.

Cette activité utilise les compétences et l’expérience du designer, faites d’observation, d’analyse, d’écoute et de technique. L’inconnu, inhérent au commencement de tout projet, est précisément ce qui excite le cerveau du designer et qui le rend capable de rechercher des réponses originales.

Le design, lorsqu’il est présent dès la phase de réflexion, permet donc aux entreprises et aux collectivités d’être source d’innovation et de progrès.

 

La définition de la World Design Organisation, autrefois ICSID


Design is a creative activity whose aim is to establish the multi-faceted qualities of objects, processes, services and their systems in whole life cycles. Therefore, design is the central factor of innovative humanisation of technologies and the crucial factor of cultural and economic exchange.

Design seeks to discover and assess structural, organisational, functional, expressive and economic relationships, with the task of:

  • Enhancing global sustainability and environmental protection (global ethics)
  • Giving benefits and freedom to the entire human community, individual and collective
  • Final users, producers and market protagonists (social ethics)
  • Supporting cultural diversity despite the globalisation of the world (cultural ethics)
  • Giving products, services and systems, those forms that are expressive of (semiology) and coherent with (aesthetics) their proper complexity.


Design concerns products, services and systems conceived with tools, organisations and logic introduced by industrialisation — not just when produced by serial processes. The adjective "industrial" put to design must be related to the term industry or in its meaning of sector of production or in its ancient meaning of "industrious activity". Thus, design is an activity involving a wide spectrum of professions in which products, services, graphics, interiors and architecture all take part. Together, these activities should further enhance - in a choral way with other related professions - the value of life.

Therefore, the term designer refers to an individual who practices an intellectual profession, and not simply a trade or a service for enterprises.

 

Qu’est-ce qu’un designer ?

Un designer est un praticien du design. C’est un professionnel qui possède un haut degré de formation artistique et technique, voire scientifique, ainsi qu’une éthique professionnelle. Il dessine à dessein avec une capacité d’analyse et de conseil auprès de ses commanditaires.

Il est capable d’empathie, d’approche sensible, intuitive et créative pour aborder les sujets. Il a le sens de l’esthétique, des formes et des signes, des couleurs et de la lumière, des sons, des matières et des matériaux, de l’ergonomie et de la lisibilité, et de leur interaction.

Bien qu’il n’ait pas à résoudre des problèmes techniques purs, ce qui est l’affaire de l’ingénieur, le designer suit le bon déroulement technique et la fabrication d’un projet.

Comment travaille le designer ?

Le designer observe et questionne les cultures, les gestes et les techniques, il capte les tendances et il est à l’écoute des usagers et des publics. Avec intuition et méthode, il analyse les problématiques des projets que lui apportent ses clients ou dont il est lui-même porteur et rémet un diagnostic.

Le designer assimile le cahier des charges définit par son client pour atteindre le but d’un projet. Il imagine, écrit, dessine et modélise pour visualiser les idées, devenues tangibles sous forme d’avant-projet. Il les conduit sous forme de prototype ou de maquette, les vérifie, les teste, les améliore avant de les réaliser sous forme de projet définitif. Enfin, il réalise l’exécution technique du projet et assiste ses clients dans sa fabrication.

Le cadre juridique étant le droit de la propriété intellectuelle, le designer facture des honoraires de conception et de création, qui rémunèrent la tâche pour concevoir l’oeuvre de design, et des droits d’auteur, qui rémunèrent les bénéfices générés par son exploitation.

Designer : une seule profession, composée de disciplines transdisciplinaires ou spécialisées par domaines d’activités

Le designer intervient dans tout l'environnement de l'activité humaine : les espaces, les messages (visuels et sonores) et les produits. Il apporte des solutions dans tous les secteurs de la vie économique, sociale et culturelle. On associe au nom design un adjectif pour désigner une discipline spécialisée, ou un domaine d’étude, s’adaptant aux besoins industriels, sociaux et culturels de nos sociétés en mouvement. Ces adjectifs et ses disciplines sont donc appelées à évoluer aussi constamment et à dépasser leurs cloisonnements. Certains designers sont pluridisciplinaires, d’autres sont spécialisés dans une discipline.

 

François Caspar

Strategist, designer, Alliance France Design Chairman

 

 

What is design management? Design, a business case

Design, a business case

Nous remercions les auteurs:

Brigitte Borja de Mozota – bbm@designence.com
Steinar Valade-Amland – sa@three-point-zero.com


THE DESIGN MANAGEMENT SERIES - ARTICLE # 1 / 7

What is design management ?
While some things change gradually and almost inconspicuously over time, other things change abruptly and
often and with big waves, uncertainty and disbelief following in its wake. Design belongs to both categories.
On one hand its role has changed gradually, responding to the continuous changes in economics and society
at large. As only a few examples, the raise of service industries gradually brought about the concept of
service design, as did austerity in the public sector. The raise of the digital economy brought with it UX
design and interaction design, and the quest for new mechanisms to deal with increased complexity across
sectors paved the way for the rise of design thinking.

Télécharger l'article complet, avec la permission de l'auteur #1

Why design management now ?

The most imminent challenges of management

What happens when design excellence is added to strategy ?

Design Management Excellence

From design excellence to design as core competency

Epilogue & a story from real life

 

 

 

Brigitte Borja de Mozota Director -founder of Designence™, a Think Tank in Creative intelligence for managers and design managers (France).
Expert in business transformation (creative culture, UX,managerial practices in innovation, sustainable brand design) through Design Thinking (DT), Design ROI "designence model".

Experienced speaker at international conferences and professor on Design management worldwide Masters in Design Innovation and Management and in business schools ESSEC, ARTEM, DMI. Politecnico de Monterey.

Steinar Valade-Amland, Head of Strategy & Business Development, author, keynote speaker and H2020 evaluator

 

[etude] Design et Innovation technologique

Jean Gilles Cahn et Jacques Anas, 2010

"Le design peut-il constituer un avantage comparatif dans la concurrence internationale ? Certains milieux
économiques en doutent encore. Or, une enquête menée sur la dernière décennie auprès d’importateurs de
nombreux pays européens révèle qu’à côté du contenu technologique des produits, leur design peut aussi
constituer un véritable atout en matière de compétitivité."

Cette étude qui date de 2010 , est reproduite ici afin d'être diffusée et mise en perspective par rapport aux avancées des métiers du design, de leur insertion dans l'entreprise

l'étude en pdf, avec la permission gracieuse de JG Cahn que nous remercions

Jean Gilles Cahn,Président de l'association "Partageons le design !"​

Jacques Anas Directeur à Coe-rexecode

Design thinking by designers

Enseigner et pratiquer le Design Thinking

Dernière édition de l'ouvrage de JP.Péché, Fabien Mieyeville et Philippe Silberzahn

 

"Voici une approche complète de ce mode projet collaboratif puissant mais présentée souvent de manière trop édulcorée. Le Design Thinking c'est aussi l'illustration, sans doute provisoire, de l'aboutissement de 150 ans de pratiques du design industriel. Nous avons voulu mettre en évidence ses grandes potentialités, non seulement en termes de conception orientée utilisateurs, mais aussi en termes d'impact sur le management et l'organisation des équipes de projet"

Édition corrigée de la nouvelle version de l'ouvrage collectif "Enseigner et pratiquer le Design Thinking-IDEA experience 2011-2015". Consulter l'ouvrage

JP.Péché, Co-responsable pédagogique programme HOPE chez Polytechnique et ENSCI executive, et pour IEDT pour EMLyon executive

Fabien Mieyeville , Full Professor, Université Claude Bernard Lyon 1, Polytech Lyon, Ampère UMR CNRS 5005

Philippe Silberzahn Author, Keynote Speaker, researcher - Innovation, Entrepreneurship and Corporate transformation-speaker Hope Program Polytechnique EXED/ENSCI Exed

Points de vue & perspectives

[ARTICLE] Les vertus du bricolage

par François Xavier Faucher, Juillet 2019

Le bricoleur et ses activités n’ont que peu de crédit auprès des ingénieurs ou artistes, malgré le regain d’image dont a depuis quelques années bénéficié le « maker » -qui en est sa forme moderne- notamment suite à la parution du fameux livre de Chris Anderson “Makers, la Nouvelle Révolution Industrielle”. Sa démarche est pourtant porteuse d'enseignements fort intéressants...

 

Étymologiquement, le mot Bricolage dérive de la Briccola (catapulte du Moyen Âge). À la Renaissance, la catapulte devenue obsolète, le mot prend le sens de « moyen détourné, habile », et s’applique au jeu de paume et de billard, à la chasse et à l’équitation, mais toujours pour évoquer un mouvement incident : celui de la balle qui rebondit, du cheval qui contourne un obstacle. 

De nos jours, le bricolage évoque donc ce qui est incident, l’idée de « faire des détours », la propension à emprunter les chemins de traverse. 

Le bricoleur est celui qui œuvre de ses mains, en utilisant des moyens détournés par comparaison avec ceux de l’homme de l’art. Celui qui bricole ne se conforme pas à la règle. Si l’on utilise le vocable à la mode, c’est la définition du Hacker ! 

voir mon article "Apprendre le hacking aux enfants (et les éveiller à toutes sortes de choses)" toysfab.com/2018/11/apprendre-le-hacking-aux-enfants-et-les-eveiller-a-toutes-sortes-de-choses/

 

Savant vs bricoleur

Claude Lévi-Strauss dans "La Pensée sauvage" distingue « le savant et le bricoleur par les fonctions inverses que, dans l’ordre instrumental et final, ils assignent à l’événement et à la structure, l’un faisant des événements (changer le monde) au moyen de structures, l’autre des structures au moyen d’événements ». 

 

Qu’on essaye !

Or, par l'exemple de la poterie, Lévi-Strauss démonte la prétendue supériorité de la pensée de l’ingénieur moderne sur la pensée sauvage (en tant que science première - et non primitive -) : "une croyance très répandue veut qu'il n'y ait rien de plus simple que de creuser une motte d'argile et la durcir au feu. Qu'on essaye. » dit-il dans « Race et Histoire » :

"On dirait que l'homme aurait d'abord vécu dans une sorte d'âge d'or technologique, où les inventions se cueillaient avec la même facilité que les fruits et les fleurs. À l’homme moderne seraient réservées les fatigues du labeur et les illuminations du génie.

Cette vue naïve résulte d'une totale ignorance de la complexité et de la diversité des opérations impliquées dans les techniques les plus élémentaires. Pour fabriquer un outil de pierre taillée efficace, il ne suffit pas de frapper sur un caillou jusqu’à ce qu’il éclate: on s’en est bien aperçu le jour où l’on a essayé de reproduire les principaux types d'outils préhistoriques. "

« Toutes ces opérations sont beaucoup trop nombreuses et trop complexes pour que le hasard puisse en rendre compte. Chacune d'elles, prise isolément, ne signifie rien, et c'est leur combinaison imaginée, voulue, cherchée et expérimentée qui seule permet la réussite. Le hasard existe sans doute, mais ne donne par lui-même aucun résultat. »

 

La pensée sauvage bricole dans la mesure où elle combine des parties de la matière sensible, tandis que l’ingénieur impose des formes à la matière selon un projet. On a donc :

 

* Le bricolage, science première (plutôt que primitive), qui concrétise la pensée sauvage présente en tout homme tant qu'elle n'a pas été cultivée et domestiquée à « fins de rendement ».

  • reposant sur la démarche empirique
  • définie par un univers instrumental clos, avec pour règle du jeu de toujours s’arranger avec les « moyens du bord »

 

* Les sciences et techniques représentant la pensée « moderne » / ingénieuse

  • par essence expérimentale, spéculative et théorique
  • subordonnée à une utilité immédiate et à un rendement, avec une notion de productivité
  • requérant un outillage spécifique et spécialisé

 

D'où l’on ne peut que déduire la relativité d'une supposée supériorité de la science des civilisés sur celle des « archaïques"… et sur le bricolage, qui correspond à une forme d’ethnocentrisme consistant à réduire les formes culturelles éloignées de celles auxquelles nous nous identifions… Méfions-nous de ces "croyances très répandues » comme les appelle Lévi-Strauss !

 

Ce point étant posé, intéressons-nous à présent au bricoleur et à son activité…

 

Le Bricoleur, le bricolage

« Le bricoleur est apte à exécuter un grand nombre de tâche diversifiées ; mais, à la différence de l’ingénieur, il ne subordonne pas chacune d’elles à l’obtention de matières premières et d’outils, conçus et procurés à la mesure de son projet : son univers instrumental est clos, et la règle de son enjeu est de toujours s’arranger avec les « moyens du bord », c’est-à-dire un ensemble à chaque instant fini d’outils et de matériaux, hétéroclites au surplus, parce que la composition de l’ensemble n’est pas en rapport avec le projet du moment […] ; il se définit seulement par son instrumentalité, autrement dit et pour employer le langage même du bricoleur, parce que les éléments sont recueillis ou conservés en vertu du principe que « ça peut toujours servir ». »

 

"Regardons [le bricoleur] à l’œuvre : excité par son projet, sa première démarche pratique est pourtant rétrospective : il doit se retourner vers un ensemble déjà constitué, formé d’outils et de matériaux [...]. Tous ces objets hétéroclites qui constituent son trésor, il les interroge pour comprendre ce que chacun d’eux pourrait « signifier », contribuant ainsi à définir un ensemble à réaliser, mais qui ne différera finalement de l’ensemble instrumental que par la disposition interne des parties. Ce cube de chêne peut être cale pour remédier à l’insuffisance d’une planche de sapin, ou bien socle, ce qui permettrait de mettre en valeur le grain et le poli du vieux bois."

« [...] la décision dépend de la possibilité de permuter un autre élément dans la fonction vacante, si bien que chaque choix entraînera une réorganisation complète de la structure, qui ne sera jamais telle que celle vaguement rêvée, ni que telle autre, qui aurait pu lui être préférée."

"La différence n’est donc pas aussi absolue qu’on serait tenté de l’imaginer ; elle demeure réelle, cependant, dans la mesure où, par rapport à ces contraintes résumant un état de civilisation, l’ingénieur cherche toujours à s’ouvrir un passage et à se situer au delà, tandis que le bricoleur, de gré ou de force, demeure en deçà, ce qui est une autre façon de dire que le premier opère au moyen de concepts, le second au moyen de signes. Sur l’axe de l’opposition entre nature et culture, les ensembles dont ils se servent sont perceptiblement décalés. En effet, une des façons au moins dont le signe s’oppose au concept tient à ce que le second se veut intégralement transparent à la réalité, tandis que le premier accepte, et même exige, qu’une certaine épaisseur d’humanité soit incorporée à cette réalité."

Cependant, l’avènement du numérique a provoqué une évolution dans cette approche du bricolage, comme le relevait Chris Andersen :

- L'émergence d’outils numériques pour le design et la fabrication.

- L'expansion de moyens de collaborations numériques

- L’apparition de capacités industrielles « en location »

ce qui tend progressivement à rendre plus floue encore cette distinction entre le bricoleur et l’artisan, l’ingénieur...

 

De l’aspect salvateur du bricolage

Vous aurez compris que c’est là le propos de mon blog, de dire que le bricolage est à la portée de tous (et le mettre à la portée de tous !), et qu’il est utile de le pratiquer, de l’enseigner à nos enfants :

 

  • pour comprendre son environnement et en être acteur 

Comme je le disais dans mon article sur le hacking toysfab.com/2018/11/apprendre-le-hacking-aux-enfants-et-les-eveiller-a-toutes-sortes-de-choses/ il s’agit pour moi d'un état d’esprit indispensable. C’est une façon de penser en-dehors du cadre (« out of the box »).  C’est également un apprentissage de l’autonomie : ne suis-je pas plus maître de mon environnement quand je sais comment il fonctionne, et comment il doit être réparé ?

 

  • pour l'enseignement

Apprendre bricolage et « hacking » permet de comprendre comment les choses fonctionnent (comme la méthode scientifique), et même plus encore à apprendre par la pratique. Seymour Papert, dont j’ai déjà parlé dans mon article "Comprendre le numérique ou apprendre le code ? De la confusion entre apprendre la pensée algorithmique et apprendre les usages numériques…" http://toysfab.com/2018/12/comprendre-le-numerique-ou-apprendre-le-code/  se réfère à cette approche du bricolage de Lévi-Strauss , pour illustrer et défendre l’approche de l’enseignement par constructivisme (par la pratique) plutôt que par instructionnisme (cours magistral)… c’est de là qu’est issu le langage Logo, qui a donné Scratch...

 

  • pour les ingénieurs, designers et concepteurs

Si l’on considère la logique d’usage, seule l’approche de bricolage semble celle à même de répondre aux vraies problématiques d’usage : les solutions techniques de l’ingénieur enferment le créateur de la solution dans le prolongement et le perfectionnement de son intention initiale, alors que le bricoleur qui s’en saisira fera la synthèse et l'arbitrage entre les moyens à sa disposition et l’usage qu’il souhaite en faire…

C’est toute l’opposition entre la rationalité fallacieuse des dispositifs techniques et de leur mode d’emploi avec les utilisations détournées qu’en ont les utilisateurs (combien de modes d’emploi avez-vous déjà lu ? Combien de fois ne vous êtes-vous pas dit « je vais l’allumer et voir » ?

C’est là le vrai fondement de la méthodologie de design thinking et la raison de sa popularité (outre le marketing qui en a été fait par IDEO et autres) à mon sens : faire quitter la planification à toutes les parties prenantes d’un projet pour retrouver par le bricolage du prototype l’équilibre entre le sens du projet et les moyens investis.

 

  • pour se rapprocher du réel (intelligence de la main) et retrouver du sens… 
  • C’est là le propos du fameux livre « Eloge du carburateur » et cela fera l’objet d’un prochain article tellement il y a de choses à dire :)

 

Bricolez !

Le bricoleur, s’il agit à l’instinct et « excité par son projet » comme dit Lévi-Strauss, n’en met pas moins en place une démarche d’apprentissage empirique… Je ne peux que vous encourager à vous constituer votre « alphabet de bricoleur » par l’expérience que vous accumulerez, et d’"essayer » : progressivement vous combinerez cet alphabet en mots, puis en phrases qui vous donneront des mises en œuvre de plus en plus complexes...

Vous pouvez commencer par le « starter pack » que je propose dans cet article toysfab.com/2019/05/starter-pack-et-petite-selection-pour-grands-debutants-en-bricolage-en-famille/

 

cet article est également paru sur le blog Tyosfab : toysfab.com/2019/07/les-vertus-du-bricolage/

 

 

Références :

C. Lévi-Strauss, La pensée sauvage, Paris, Plon, 1962.

C. Lévi-Strauss, Race et histoire, Paris, Denoël, 1952.

Jacques Perriault, La logique de l’usage. essai sur les machines à communiquer , 2008 (1989), L’Harmattan

Chris Anderson “Makers, la Nouvelle Révolution Industrielle” 2012

Matthew B. Crawford "Éloge du carburateur », 2010

[Contributeur Think Tank Designers Ensci-Les Ateliers-FC]

BIO François-Xavier Faucher

Diplômé de l'ESSCA et formé à l’Ecole de Design de Nantes, François-Xavier Faucher conseille depuis plus de 20 ans des startups aussi bien que des grosses entreprises des services et de l’industrie dans le lancement d’offres innovantes, la résolution de problèmes et la gestion de projets complexes notamment sur des problématiques de transformation digitale, d’expérience utilisateur, de E-commerce, en France et à l’étranger avec sa société Go2prod.

Spécialiste des méthodologies du design, et en parallèle créatif compulsif, il anime également sous la marque Toysfab.com un blog d’idées pour créer, bricoler, jouer et transmettre en famille, sans se prendre au sérieux, car comme disait  Richard Feynman  "If you're not having fun, you're not learning. There's a pleasure in finding things out." - (Si vous n’êtes pas en train de vous amuser, vous n’êtes pas en train d’apprendre. Il y a une vraie jouissance à découvrir les choses). L’objectif de Toysfab est de désinhiber et décomplexer les parents, parce que nous somme TOUS des Makers !